Nicolas de Flüe

d'Arthur Honegger

Oratorio en trois actes pour chœur mixte, chœur d'enfants,

récitant et orchestre à vent


Samedi 25 avril 2026 à 20h30, 

Dimanche 26 avril à 17 heures

à la basilique Saint-Martin d'Ainay (Lyon)


En première partie la Musique de l'Artillerie interprétera les Danceries de Claude Gervaise sous la direction d'Emmanuel Poux


Composée en 1938, cette fresque grandiose est signée du compositeur Arthur Honegger, membre du fameux Groupe des Six.

Le projet du compositeur est simple et s’inscrit dans l'espoir de paix né des accords de Munich : une œuvre populaire, un 'Festspiel' (jeu populaire) destiné à être chanté par de grandes masses chorales dans un concert en extérieur.

Honegger ne cache pas sa très grande joie à écrire cette œuvre qui doit toucher le plus grand nombre d’auditeurs, des spectateurs aux techniciens comme il l’indique lui-même, en se situant sur un vaste mouvement dramatique apte à captiver l’ensemble des publics, y compris celui dépourvu de culture ou de référence musicale.

La partition est brillante à la manière d’une enluminure sonore, le récit direct, porté par la voix imposante du comédien en charge de la narration. L’éclat de l’orchestre confié aux seuls cuivres et percussions renforce l’aspect épique de cet oratorio superbe et chevaleresque, mais offrant aussi une parfaite élévation, spirituelle et digne des hauts sommets helvétiques !

- Philippe Forget -

L'œuvre

  • Présentation générale

    En 1938, l’Europe vit dans la hantise que la guerre reprenne, vingt ans après. C’est dans ce contexte tendu, avec un voisin allemand nazi, que Denis de Rougemont reçoit la commande de l'Institut neuchâtelois d’écrire un oratorio pour l’Exposition nationale de Zurich en 1939. 

    Rougemont choisit le thème de Nicolas de Flüe, dans le soulagement des accords de Münich, puis convainc Honegger de s'y associer. "Nul autre ne possède, dans notre tradition, cette violente simplicité qui peut s’adapter à la fois à la déclamation d’un chœur en marche et au dialogue du drame civique et spirituel."

    Œuvre conjointe de deux protestants suisses, l'oratorio se veut un Festspiel populaire et patriotique qui célèbre une paix préservée à la dernière minute... Au XVe siècle, Nicolas, ermite ascète retiré dans la montagne à la fin de sa vie, parvint après les guerres contre la Bourgogne à maintenir l'union des cantons dans la jeune Confédération.

    La création de l’œuvre a dû être différée à cause de la guerre. Après plusieurs lectures et présentations de l'ouvrage en divers lieux de Suisse, la création scénique a finalement lieu à Neuchâtel le 31 mai 1941.

    Aucun soliste chanteur dans la distribution mais un rôle de premier plan au récitant, moteur de la progression dramatique. Trois formats de chœur lui répondent : le grand chœur mixte, le "chœur céleste" avec des voix aigues issues du grand choeur, et le chœur d'enfants.

    L'orchestre à vent, dans sa variété sonore, se fait guerrier ou céleste, populaire ou mystique.


  • Structure du livret

    Premier acte

    Retrace quelques épisodes déterminants de la vie de Nicolas avant ses cinquante ans :  l’incendie d’un couvent qu’il n’a pu empêcher, la condamnation d’un innocent qu’il n’a pu sauver lorsqu’il était juge, jusqu’à l’appel divin qui lui fait quitter sa femme et ses enfants -avec leur accord- pour se retirer dans un ermitage dans la montagne du Ranft.

    Deuxième acte

    De nombreux visiteurs viennent prendre conseil auprès de l’ermite, parmi lesquels des émissaires de l'Autriche et de la France, venus pour engager les Suisses dans la guerre contre Charles le Téméraire. Nicolas ne redoute pas la défaite, mais une victoire qui serait la source de rivalités entre les cantons. Il n'est pas écouté, et c'est ce qui se passe.

    Troisième acte

    La discorde règne à l'assemblée de la Diète des cantons, elle pourrait conduire à une guerre. Des ambassadeurs viennent consulter Nicolas qui veut bien intervenir à la Diète. Mais le vieil ascète est trop affaibli  pour faire le voyage et envoie un symbole de paix qui convainc les Suisses et conduit à la signature du Convenant de Stans. La Confédération est préservée !


  • Impressions / Echos

    Extrait de souvenirs du librettiste Denis de Rougemont

    "Je vais le voir à Paris. Je ne le connaissais pas. En pleine gloire, à 46 ans, il vient d’écrire Jeanne au bûcher et La Danse des morts avec Claudel. De quinze ans son cadet, inconnu du grand public, je ne lui apporte rien qu’une commande peu munificente. Je lui en résume les données, j’esquisse la structure de la pièce, suggérée par celle de la scène, et les ressources du canton qui patronnera l’œuvre : une compagnie de théâtre d’amateurs et deux petits chœurs à Neuchâtel, un grand chœur et une fanfare à La Chaux-de-Fonds, 400 figurants fournis par diverses sociétés, et l’on fabriquera les costumes à domicile. Je tombe bien : Honegger vient d’écrire que la seule forme théâtrale à laquelle il croit pour l’avenir est « celle qui arrive à grouper toute une population ». C’est donc oui, et l’on se met au travail dès novembre. En janvier, tout sera terminé. .../...

    … Il m’a dit : « Quand vous écrivez les paroles d’un chœur, chantez-les sur un air quelconque, comme “Frère Jacques”. Ce qui a été une fois chanté peut être remis en musique. » À chaque visite dans son grand atelier, il me joue au piano ce qu’il a fait. Il joue mal, je ne distingue pas grand-chose, une fin de choral pourtant, dont il me dit en riant : « Vous voyez, ça finit comme à l’église — catholique ou protestante peu importe. »

    Mais un soir d’août 1939, à La Chaux-de-Fonds, assistant pour la première fois à une répétition des chœurs — et ce sera la dernière : la guerre est pour demain — je me sens littéralement transporté ! Voici chanté, clamé ou soutenu par le chœur au sublime de la précision dans le sentiment, non seulement mon texte, mais tout ce que j’ai pensé, arrière-pensé en l’écrivant et renoncé à y mettre faute de mots… Et surtout, l’arrière-plan religieux (voire pour moi théologique, à cette époque) de ma « Légende dramatique » est révélé tantôt en majesté, — toute la prière « Mon Dieu, ton serviteur » — tantôt par un lyrisme aérien, alpestre, cristallin, comme dans le chœur fugué : « Étoile du matin ».

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    Extraits d’un article de Philippe Clot (janvier 2017, publié sur « L’Illustré »)

    Bruder Klaus, alias Nicolas de Flüe, fut et demeure une figure mystique suisse

    Certes, sa notoriété est moindre que celle de Guillaume Tell et de Heidi. Mais contrairement aux deux stars du petit panthéon helvétique, saint Nicolas de Flüe a un grand avantage : il est réel et sa vie est bien documentée, malgré les six siècles qui nous séparent de son époque belliqueuse (guerre de Cent ans, guerres de Bourgogne) et malgré l’isolement de sa patrie, le rustique canton d’Obwald.

    Celui qui fut un notable de Suisse centrale attire aujourd’hui encore des milliers de pèlerins vers son ermitage et a hérité des titres de saint patron de la Suisse et de saint patron mondial de la paix.

    Niklaus naît en 1417 près du bourg de Sachseln dans une famille paysanne aisée. Il sera un citoyen modèle, accédant notamment à une fonction de juge. Il sera aussi et bien sûr un citoyen-soldat dans cette jeune Confédération de huit cantons.

    Très dévot toute sa vie, à 50 ans, Nicolas est rattrapé par son trop-plein de spiritualité. Il obtient de son épouse et de ses fils majeurs le droit de quitter la maison pour devenir ermite et se retire dans la montagne.

    En 1481, la discorde règne entre les huit cantons, enrichis inégalement par leur victoire sur les Bourguignons. D’un côté, les quatre cantons-villes, de l’autre les quatre cantons campagnards, qui ne veulent pas d’un agrandissement de la Confédération à Fribourg et à Soleure. Consulté, l’ermite donne alors des conseils permettant une sortie de crise quasi miraculeuse. L’empereur d’Autriche, le duc de Milan et d’autres puissants des régions alpines envoyèrent aussi des messagers en terre obwaldienne. 

    Dans un monde en profonde mutation, Bruder Klaus apparaissait sans doute comme un dernier recours possible, à mi-chemin entre la terre et le ciel, entre le Moyen-Âge et la modernité. La Suisse tenait avec lui son bouddha, son dalaï-lama, son Gandhi.


Les interprètes

Nous remercions vivement l'équipe chaleureuse et efficace de la basilique Saint-Martin d'Ainay.

  • Chœur d'Oratorio de Lyon

    Chœur d'Oratorio de Lyon

    Le Chœur d’Oratorio de Lyon réunit 45 chanteuses et chanteurs amateurs expérimentés. Créé en 1980 comme socle du chœur de l’Orchestre de Lyon, il se caractérise par une exigence de recrutement, une grande rigueur artistique assurée par un encadrement professionnel qualifié et une offre musicale diversifiée.

    Le Chœur d’Oratorio de Lyon (COL) est implanté dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, mais c’est partout qu’il se produit avec des partenaires professionnels ou associatifs, incluant des projets pédagogiques et solidaires, afin de toucher et d’impliquer les publics les plus larges.

    Son expertise des grands oratorios pour chœur et orchestre est reconnue par les orchestres de la région AURA, mais le chœur chante aussi les pièces a cappella les plus intimistes, tout comme des musiques de films et des créations contemporaines. Cette diversité lui permet de participer activement à la vie musicale lyonnaise, métropolitaine et régionale en étant présent aussi bien dans les grands lieux institutionnels qu’auprès des festivals et des structures contribuant à la dynamique culturelle en région. 

    Son approche multidimensionnelle du chant choral en fait une structure emblématique à Lyon et dans la région AURA.

    En 2023 Philippe Forget devient le directeur artistique de l’ensemble, qu’il dirige avec la cheffe de choeur Catherine Molmerret, apportant tous deux passion, exigence et expérience. 

    Merci à Nicolas Forin qui a contribué à la préparation du choeur.

    ●♪●♪ Vous voulez soutenir cet ensemble en devenant adhérent à l'association, par un don privé ou du mécénat ? Informez-vous sur ce site.

    ●♪●♪  Vous ou une personne que vous connaissez voudrait rejoindre le COL ? Voyez la page Recrutement.

    Photo ©Maxime Colin

  • Musique de l'Artillerie

    Basée à Lyon et composée d’une cinquantaine de musiciens professionnels, la Musique de l’Artillerie assure les cérémonies officielles et protocolaires, jouant ainsi un rôle de premier ordre dans les relations publiques de l’armée de Terre.

    Présente naturellement dans le quart sud-est de la France, elle se produit également dans tout l’Hexagone et à l’étranger. Son répertoire varié et ses formations modulables lui permettent de se produire en concerts, aubades, défilés, parades et ensembles de musique de chambre.

    Ambassadrice culturelle et musicale de l’armée de Terre, la Musique de l’Artillerie incarne les valeurs d’excellence, de tradition, d’exigence et de fierté nationale. Elle participe à de nombreux festivals internationaux de musique militaire, parmi lesquels le Royal Edinburgh Military Tattoo (Ecosse), le Sydney Military Tattoo (Australie) ou encore l’Avenches Tattoo (Suisse).


  • Maîtrise de la Primatiale

    Maitrise

    La Maîtrise de Lyon | Cathédrale, fondée en 799, est l’une des plus anciennes institutions musicales lyonnaises. Restaurée en 1974 par Jean-François Duchamp et renouvelée depuis 2011 sous l’impulsion de Thibaut Louppe, elle affirme la vocation spirituelle, culturelle et patrimoniale de la cathédrale à travers un vaste répertoire. Elle collabore régulièrement avec de prestigieux partenaires tels que le CRR, le CNSMD, l’ONL ou SPIRITO. Ses concerts l’ont menée dans de nombreux festivals en France (Chaise-Dieu, Ambronay…) et à l’étranger (Italie, Allemagne, Japon, Brésil…).

    Ses chœurs à géométrie variable – des enfants aux adultes – constituent un ensemble vivant et diversifié : pré-Maîtrises, chœurs de garçons et de filles, Chœur d’enfants, Chœur de jeunes, ensemble Elevatio et Chœur Ioannes. Les formations s’adaptent aux œuvres abordées, tout en reflétant l’identité singulière de la Maîtrise.

    La Maîtrise s’appuie aujourd’hui sur une école maîtrisienne complète, en lien avec l’école Sainte-Marie Lyon, offrant une formation ouverte à tous, des elèves de 5ᵉ  jusqu’aux retraités.

    En janvier 2025, Simon Heberle reprend la direction de la Maîtrise et du poste de Maître de Chapelle, poursuivant le développement artistique et humain de cette institution majeure du paysage lyonnais.

    Préparation de la maîtrise : Simon Heberle, Eloïse Magat.

  • Luc Chambon

    Luc Chambon (photo Olivier Pieri)

    Comédien, metteur en scène, et formateur en communication, Luc Chambon n'a jamais vraiment voulu choisir entre la communication et le théâtre. En 1987 il intègre la Compagnie Sortie de Route pour une quinzaine d'année et près de 600 représentations en tournée… Ce qui ne l'empêchera pas de décrocher son diplôme de Sciences-Po en 1991 puis une maîtrise de Communication à Lyon II. En 2000 il joue pour Philippe Faure au Théâtre de la Croix-Rousse, puis passe à la création et fonde la compagnie des Insomniaques pour laquelle il co-écrit et met en scène Pinocchio Vecchio. Il fréquente assidûment les studios d'Anatole, de Tam-Tam et des Producteurs où il joue de sa voix. Parallèlement, il enseigne à l'Acting Studio (école d'acteurs), à l'ISCPA (école de communication) et à l'Université Lyon II (Institut de la Communication). En 2002 il signe la mise en scène du Tour complet du cœur pour la Compagnie Attention Fragile (plus de 600 représentations) puis intègre, pour la même compagnie, l'équipe de comédiens de La guerre des boutons. Il joue pour la IXème Biennale de Bron Les Histoires Extraordinaires d'Edgar Allan Poe, sous la direction d'André Fornier, pour la série télé Kaamelott, pour la Compagnie des Zonzons, pour la compagnie Le Fanal, et travaille à des ateliers de pratique théâtrale, de prise de parole en public et crée plusieurs interventions en communication institutionnelle. Il forme toutes sortes de publics à l'oral, élèves avocats et autres communicants... Lors des élections législatives de juin 2007, il intervient comme conseiller personnel en communication pour un candidat qui... l'emportera. 

    Depuis il mène de front représentations théâtrales, formations professionnelles et interventions notamment pour Euronews, Ricard, Sanofi Pasteur...

    Acteur pour la Biennale de Bron (Zeus dans L’Odyssée), la Compagnie de l’Iris (Jupiter dans L’Amphitryon), l’Opéra Théâtre (Banquo dans Macbeth), pour Jacques Chambon dans sa comédie Calimity Job, aux côtés de Francis Perrin dans sa tournée de L’école des femmes (Chrysalde), pour la série On va s’aimer sur France 2 et Mongeville sur France 3, il joue aussi de façon plus atypique : Opéraz dans Opéra 3.0 de la compagnie Cadenza, Conteur dans La Bergère aux mains bleues avec Amélie-les-crayons (ce conte a reçu le prix de L’Académie Charles Gros), récitant pour l’Orchestre et le Choeur des Hospices Civils de Lyon… 

    Il joue actuellement dans Le dîner de cons au Repaire de la Comédie à Lyon, tout en enseignant à l’E.A.C., à 3iS et forme les personnels pour April.

    (à suivre !)

    Photo ©Olivier Pieri

  • Philippe Forget

    Philippe Forget

    Philippe Forget est chef d’orchestre et de chœur, compositeur. Il est l’invité de l’Opéra National de Lyon où il a dirigé Les Contes d’Hoffmann, La Damnation de Faust, L’Enfant et les Sortilèges, plusieurs opéras de Copland, Respighi, Blacher, Glass...

    Artiste associé auprès de l’Opéra de Limoges depuis 2020, il est également régulièrement invité par le Thessaloniki State Symphony Orchestra, le City Chamber Orchestra of Hong Kong, l’Orchestre Lamoureux. Il dirige le Greek National Opera à Athènes, l’Orchestre National de Lorraine, l’Orchestre National de Bretagne, l’Orchestre National des Pays de la Loire, l’Orchestre National d’Auvergne, l’Orchestre National de Lyon, le Hudson Valley Philharmonic Orchestra, l’Orquestra Sinfonica Campinas-Sao Paulo, et bien d’autres.

    Des scènes et des festivals internationaux font appel à lui en tant que compositeur ou chef d’orchestre : French May de Hong Kong, Gamo de Firenze, festivals d’Edinburgh et de Ramsgate, New Atheneum de Glasgow, Beacon Theater à Broadway, Brandeis University de New York, Opéra d’Athènes, Théâtre du Châtelet, Radio France, Studio de l’Opéra de Paris-Bastille, Francofolies de La Rochelle.

    Philippe Forget est directeur artistique du festival Labeaume en Musiques, Scène Conventionnée d’Intérêt National, et directeur musical du Choeur d’Oratorio de Lyon, du chœur de chambre Les Voix en Aparté et d’Alès Sinfonia. Son éclectisme musical l’amène à partager la scène avec l’actrice Monica Bellucci, les artistes Jane Birkin, Iggy Pop ou Oxmo Puccino... Il est Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

    Photo ©Guillaume Martin